Article de presse de l’Éclaireur de Chateaubriant sur Adopte une poule

18 août 2016
Article

Adoptez des poules pour réduire les déchets!

En septembre 2015, à peine sorti de ses études, Thomas Roul a créé son entreprise baptisée Adopte une poule, à Sion-les-Mines. Objectif: la valorisation des biodéchets.

29/04/2016 à 15:05 par Cécile Rossin

Thomas Roul est passionné par les poules depuis son enfance. -
Thomas Roul est passionné par les poules depuis son enfance.

À 22 ans, Thomas Roul, originaire de Saint-Sulpice-des-Landes (35), est un jeune créateur d’entreprise plein d’enthousiasme. Sa licence de conseiller en élevage avicole en poche, et après avoir travaillé quelque temps pour le n° 1 de la production de poules d’ornement en France, il a décidé de se lancer et de créer sa propre entreprise.

Adopte une poule est ainsi née en septembre 2015, après presque une année de montage de dossier, soutenu par Initiative Loire-Atlantique nord (Ilan).

« Ma passion pour les poules d’ornement date de l’âge de 8 ans », explique Thomas Roul, qui n’est pourtant pas du tout issu du milieu agricole. Cette passion, associée à une forte sensibilité environnementale, l’a poussé à développer ce concept de valorisation des biodéchets par des poules de compagnie.

Ses clients : les collectivités

Le jeune homme vise essentiellement les collectivités, avec qui il travaille à développer différents partenariats. « Je propose des poulaillers clé en main : avec l’équipement, les poules, l’alimentation et les conseils », explique-t-il en précisant :« Je vends des poules de races régionales comme la Coucou de Rennes, la Noire de Janzé ou encore la Marans, mais aussi des poules pondeuses et des poules d’ornement. Les poulaillers sont fabriqués en France et les aliments sont issus de la région ».

Son regret est l’impossibilité de se fournir dans l’Hexagone pour tout ce qui est petit équipement du poulailler : « Il n’y a plus d’entreprise française qui en fabrique actuellement. Tout est fait à l’étranger. L’idéal serait de pouvoir utiliser des équipements en plastique recyclé fabriqué chez nous », estime-t-il.

« Des poulaillers pédagogiques »

Au-delà de l’aspect purement commercial, son entreprise fournit aussi une offre de service : « Je propose mes conseils pour des opérations menées par les collectivités. Par exemple, pour la mise en place de poulaillers pédagogiques dans les équipements publics, tels que les Ehpad (Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, NDLR), les IME (Instituts médico-éducatifs) ou encore des maisons de retraite », décrit-il. « Ça se fait aussi beaucoup dans les écoles privées ».

L’idée, c’est à la fois d’utiliser les poules pour valoriser les déchets de cuisine, en parallèle d’un composteur, mais aussi de « créer du lien entre ces animaux et les pensionnaires ». Sans compter qu’elles fournissent aussi l’établissement en œufs frais !

Avec un composteur intégré au poulailler, les gallinacés se nourrissent, et donc recyclent ces déchets, mais elles participent aussi à l’accélération du processus de compostage en remuant le tout. Thomas Roul précise par ailleurs que « les déjections des poules, une fois compostées, sont aussi un engrais idéal pour le jardin ».

« Une gestion autonome des déchets »

Le jeune entrepreneur aide aussi les collectivités dans leurs opérations de « gestion autonome des déchets » auprès de leurs administrés. « Les poules sont proposées aux habitants, avec le service qui va avec. La collectivité prend en charge une partie des charges. L’idée, c’est que chacun diminue son nombre de poubelles. Une poule peut en effet manger chaque jour la quantité de déchets alimentaires d’une personne. Et elles sont très faciles à élever ».

Ce genre d’opération a déjà été mis en place dans le Pays de Blain, voici quelques mois. Thomas Roul, qui ne faisait pas partie de l’initiative à l’origine, est désormais en contact avec la Communauté de communes pour un éventuel partenariat.

Son plus gros client, actuellement, est hors Pays de Châteaubriant : « Il s’agit de Kerval, un syndicat de gestion des déchets dans les Côtes d’Armor ».

La toute jeune entreprise en est encore aux prémices de son développement. Thomas Roul aimerait, à l’avenir, réussir à trouver des partenaires « pour développer de nouvelles compétences ». Et d’ici deux ans et demi, il espère pouvoir démarrer la production de ses propres poules régionales.

Il travaille aussi à la création d’une charte qualité liée à la poule d’ornement. « La poule est en effet le 4e animal domestique en France, mais il n’existe aucune réglementation, notamment sanitaire, pour les particuliers ».

Un manque auquel aimerait remédier cet ardent défenseur des gallinacés. « Il faut essayer de restructurer la filière ».

Cécile Rossin