Montrer l’exemple en matière de développement durable et ramener de la vie dans les gares (article le Parisien)

10 décembre 2017
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Photo : L’Etang-la-Ville, vendredi. Claude Vinois, chef de gare à L’Etang-la-Ville, prend à cœur son rôle de surveillant de basse-cour. LP/Elisabeth Gardet
 
 

Montrer l’exemple en matière de développement durable et ramener de la vie dans les gares. C’est l’objectif affiché par la SNCF, qui vient d’installer des poules dans cette station de la Ligne L.

Les poules n’ont toujours pas de dent mais peuvent désormais regarder passer les trains. Installées depuis quelques jours sur le quai de la gare de l’Etang-la-ville, quatre gallinacées nées en Bretagne sont aux premières loges. Claude Vinois, responsable de cette gare située sur la ligne L du Transilien, les a immédiatement adoptées.

Tous les matins, accompagné d’un riverain qui s’est pris d’affection pour les nouvelles pensionnaires de la gare, il quitte son bureau avec un seau d’eau et du grain, direction l’enclos de ses protégées. À côté de son ordinateur, il a même installé une poule en porcelaine pour jouer le jeu jusqu’au bout. « Tout le monde commence à les connaître. Le week-end, j’ai des parents ou des grands-parents qui viennent à la gare exprès avec les enfants », se réjouit-il. Stella, 13 ans, qui prend le train tous les jours pour se rendre au collège, n’a pas encore eu le temps d’aller saluer les copines du chef de gare. « Mais je vais y passer. C’est vraiment marrant comme idée », commente-t-elle avant de s’installer dans la rame.

Un bac à compost, qui doit entrer en activité dans les jours qui viennent, pourra recueillir les déchets de cuisine des usages à côté de l’enclos. Le compost servira de fertilisant pour les massifs situés dans les gares ou sera distribué aux particuliers. Une partie des déchets récoltés (épluchures, pain mouillé, croûtes de fromage…) permettra aussi de nourrir les poules, en complément des grains.

 

Georgette, Bidulle, Coquette…

L’idée, également testée dans deux gares des Hauts-de-Seine, revient à Pascal Desrousseaux, directeur de la ligne L. « Nous voulions nous engager dans une démarche de développement durable. C’est un peu surfer sur la vague, mais nous défendons ce positionnement, explique Fabrice Trofleau, l’un des responsables du pôle clients sur les lignes L et A. La présence des poules permet aussi de ramener de la vie dans la gare, de créer un attachement. »

Le concept est le fruit d’un partenariat avec la société « Adopte une poule », une start-up implantée en Loire-Atlantique. « À terme, nous souhaitons distribuer les œufs aux usagers. Mais nous réfléchissons à la meilleure manière de procéder, dans le respect des prescriptions sanitaires », explique Fabrice Trofleau.

La semaine dernière, Claude, le responsable de la gare, a arpenté le quai avec son carnet de notes pour orchestrer une consultation publique très sérieuse : comment baptiser les poules ? Les usagers ont émis des suggestions : Georgette, Bidulle, Coquette… C’est un tirage au sort qui tranchera.

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