Un poulailler urbain à deux pas du musée Dobrée ( Ouest France)

1 décembre 2017
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Lucie DE CASTRO. Ouest France


De plus en plus de citadins installent des poulaillers dans leurs jardins. À Nantes, une famille bichonne ses six poules.
Jean-Claude caquette dans le jardin de Laurent installé, en centre-ville, près du musée Dobrée. Un prénom peu commun pour une poule, tout comme sa présence dans ce quartier nantais central et urbain.  « Je ne connais personne dans mon entourage qui possède également un poulailler » , réfléchit Laurent. Et pourtant,  « le marché des poules d’ornement a explosé depuis cinq ans » , selon Thomas Roul, fondateur de la société Adopte une poule et ancien conseiller avicole.
Des poules de luxe
Cela fait également cinq ans, que Laurent a construit son poulailler avec ses enfants et acheté ses premiers gallinacés.  « Je les avais commandées sur internet à la ferme de Beaumont en Normandie. Elles sont arrivées en colis par la Poste, deux jours plus tard. »
Les jardineries animaleries en vendent aussi. Et quel pot ! Ce week-end se tiendra le salon des oiseaux de volière et de la basse-cour, à Rougé, au Nord de Châteaubriant. Mickaël Faucheux, un particulier, y sera pour vendre, entre autres, ses poules.  « Je vends les miennes de différentes races entre 20 et 50 € mais il est possible d’en trouver des moins chères en magasin. Il faut compter entre 10 et 15 € pour une poule pondeuse. »
La différence ? Une poule d’ornement sera plus affectueuse mais moins productive (2 à 3 œufs par semaine) qu’une poule pondeuse (tous les jours). Laurent a choisi de mélanger les deux.  « J’ai 10 œufs par semaine en hiver quand les poules d’ornement s’arrêtent de pondre et 40, en été ! Nos amis en profitent car nous en avons bien trop. »
L’argument anti-gaspi
Autre avantage, les six poules de la famille se régalent de tous les déchets verts,  « sauf les épluchures de pommes de terre » . Un argument de poids pour ces citadins qui franchissent le pas selon Thomas Roul, le créateur d’Adopte une poule. La famille ne leur donne pas que les restes alimentaires. Elles ont aussi le droit à des graines,  « pour qu’elles aient une alimentation équilibrée » , précise Laurent. 
Le rezéen Frédéric Bouchereau a mieux à proposer à ces dames à plumes.  « Je fais les fins de marché et Je récupère tous les jfeuillages verts. Feuilles de chou et de salade sont pour les poules, elles adorent ça. »  Il a même décidé de monter l’entreprise Les Jardins des vers. Son idée ? Nourrir les poules avec des drêches, des déchets de brasserie qu’il passe récupérer deux fois par semaine dans deux deux micro-brasseries à Rezé (la Phil’Mor) et Nantes (Les Brassées). 
Compatibles avec la ville
Globalement, il est relativement facile d’élever ces animaux, un minimum d’attention et d’entretien sont nécessaires.  « On leur remet régulièrement de la paille et je les traite avec de l’antiparasite. »  Une semaine seules, ça va. Au-delà, c’est compliqué.  « Nos voisins viennent les nourrir quand on part longtemps. »
Au tout début, des coqs faisaient partie de la joyeuse compagnie. Sauf que les voisins ont très vite déchanté.  « Ils se mettaient à chanter à quatre heures du matin… » Les poules sont plus discrètes.  « Elles caquettent, cela fait un peu de bruit. Mais, ça va. » Elles sont d’ailleurs considérées comme un animal domestique, au même titre qu’un chat ou un chien, et sont donc tout à fait autorisées en ville.
En soi, le plus dur pour les citadins est d’avoir un jardin, et surtout, assez grand pour y installer un abri au sec, avec un coin pour pondre et un nichoir.  « Comptez, minimum 10 m² pour deux poules. Et n’en prenez pas qu’une sinon elle s’ennuiera » , mentionne Mickaël Faucheux de la bourse aux oiseaux de Rougé. 
Pas de problème pour Jean-Claude qui vit dans une sorte de villa moderne pour oiseaux, fabriqué par son  « papa poule » .
Samedi 2 et dimanche 3 décembre , 8e Salon interrégional des oiseaux exotiques et basse Cour, organisé par les amateurs d’oiseaux exotiques du Pays de la Mée et L’entente régionale Bretagne Pays de Loire FFO.
Dans le pays de Blain, offrir des poules pour moins de poubelle 
 
La communauté de communes du Pays de Blain s’est lancée en 2015 dans une opération écoresponsable. Nom de code : « cent poules pour aider à digérer nos déchets ». L’idée ? Proposer aux habitants d’adopter deux poules qui se feront un plaisir de dévorer la partie biodégradable de nos poubelles. Une solution clé en main, comprenant des poules de races locales, un poulailler français, un guide d’élevage et un service de maintenance, est proposée par Adopte une poule pour un forfait de 50 €. En octobre avait lieu la troisième distribution aux quatre communes de ce territoire. « Cela représente près de deux cents habitants », s’exclame le jeune fondateur de Sion-les-Mines. 
Un peu plus tôt, en juin 2017, la ville de Rezé avait distribué 80 poules auprès de 40 familles avec le même objectif : avoir des œufs frais tout en limitant ses déchets. Malin !